l'Eglise et la politique - 14 mars 2012

La politique doit être une expression de la charité
Analyse du cardinal Bagnasco

 

Luca Marcolivio

 

ROME, lundi 12 mars 2012 (ZENIT.org) – La politique est une forme de « dévouement au bien commun » et donc « une expression de la charité » : c’est ce qu’a déclaré le cardinal archevêque de Gênes, Angelo Bagnasco, confirmé par Benoît XVI à la présidence de la Conférence épiscopale italienne, dans son discours d’ouverture d’une rencontre avec les responsables politiques italiens, à l’université de la Sainte-Croix à Rome, sur « La question anthropologique dans la doctrine sociale de l’Eglise », le 7 mars.« Dans la conjoncture économique, sociale et culturelle actuelle, fait remarquer le cardinal, nous sommes appelés à réfléchir avec soin aux objectifs que nous voulons réaliser et à la hiérarchie des valeurs qui fondent les choix les plus importants que nous avons à faire. Il n’existe pas, en effet, de solution sans vision d’ensemble ».

 

Rappelant que la doctrine sociale de l’Eglise n’offre pas de « solutions techniques » mais plutôt « des indications pour se faire une conception correcte de la société et de l’homme », l’archevêque de Gênes souligne le thème de la dignité de l’homme au travail, qui émergeait déjà de l’encyclique Rerum Novarum (1891) de Léon XIII.

 

Pour l’archevêque, toutes les dimensions économiques et sociales doivent être mises « au service de l’homme », y compris, entre autres, l’interaction avec l’environnement, qui ne peut se réduire à une « simple conservation de la nature ».

 

Par conséquent, dans le champ économique, une « augmentation de la richesse globale » qui ne serait pas « au bénéfice des personnes » ne servirait à personne, de même « pour un progrès économique qui serait en faveur de quelques-uns et au détriment du plus grand nombre », ajoute-t-il.

 

Selon le cardinal italien, le développement économique, technologique et social sera authentique seulement « si l’homme est sa première référence » et seulement si « l’on garde présentes toutes les dimensions constitutives [de l’homme], sans en négliger aucune ».

 

L’homme, poursuit le cardinal Bagnasco, a une « dimension transcendante, qui le rend qualitativement différent du monde dans lequel il vit » ; la société de consommation, en revanche, l’étourdit et en arrive à le réduire à un « objet » ; or, on ne peut ni  « marginaliser ni considérer comme insignifiante » l’expérience religieuse : au contraire, il faut la « regarder comme un élément indispensable, même dans le contexte d’un Etat laïc, parce qu’elle représente le signe le plus élevé de la liberté de l’homme » que l’état doit défendre et promouvoir.

 

Quand l’Etat ne favorise pas la croissance spirituelle des citoyens ou quand il va jusqu’à y faire obstacle, il les prive de « la force morale et spirituelle indispensable pour s’engager dans le développement intégral de l’homme », estime le cardinal qui a donné un exemple - en débat ces derniers jours en Europe -, celui du respect des jours fériés, sans écarter les questions comme « l’édification de lieux de culte » ou « l’exposition de symboles religieux ».

 

Pour lui, il existe un autre risque, qui émane d’un « certain individualisme », selon lequel l’homme noue des relations sociales par « pure convenance », ce qui aboutit à une indifférence généralisée pour « la chose publique », jusqu’à « des formes de désengagement et d’injustice ».

 

Une grande responsabilité incombe aussi, dit-il, aux « messages publicitaires » qui conduisent à une « logique superficielle » et à un « usage inconsidéré de l’argent » en proposant « des modèles souvent inatteignables ».

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