Manifestation à Paris - 14 décembre 2011



Rentrée de Notre-Dame, en cette soirée de la première à Paris de la très laide pièce blasphématoire "Golgota picnic" (j’ai, comme tout le monde, vu les extraits sur internet), je vous envoie un bref résumé qui pourra peut-être vous intéresser.


A 18 h, j’étais au Rond-point des Champs-Elysées, à l’appel de Frigide Barjot Thibaut Dary et Jehan de Chaillé, nous étions 300 à 400 (l’AFP ce soir dit 160, Radio-Bleu ce matin réduit à 150, mais nous étions le double), porteurs de fleurs blanches.

Incroyable déploiement policier (800 CRS en armure anti-émeute, des dizaines de cars), barrières tout autour du théâtre avec un CRS tous les 2 mètres pour empêcher d’approcher... tout ça pour une pièce de théâtre...

Encadrés pas des files de CRS (notre manifestation était déclarée à la préfecture de police), nous sommes allés dans le plus grand calme et silence le plus près de l’entrée qu’on nous ait laissé approcher, en fait derrière le théâtre. Nous n’avons pu déposer nous-mêmes nos fleurs mais avons dû les confier à nos délégués autorisés. Une délégation composée des organisateurs et de Michael Lonsdale a été reçue une dizaine de minutes par le directeur du théâtre (qui aurait dit avant notre arrivée, d’après l’AFP, que nous étions "des dingues", j’ignore ce qu’il en est), rendez-vous a été pris pour un débat ultérieur. Il a dit bien sûr que cette pièce n’avait pas pour but de choquer ou blesser mais de faire réfléchir...

La police nous a demandé de repartir par la même station Champs-Elysées-Clemenceau, pour éviter la rencontre avec une contre-manifestation de laïcs venus soutenir la pièce. On annonçait un groupe de tradis à l’issue du spectacle, j’ignore ce qu’il en a été.

Nous nous sommes de là tous rendus à Notre-Dame à l’appel du Cardinal où s’est déroulée pendant 2 heures (pendant que la pièce se jouait pour la première fois à Paris) une impressionnante veillée de prière pour méditer la Passion du Christ, en plein Avent c’était d’autant plus saisissant.

Notre-Dame absolument bondée, les collatéraux et les chapelles latérales pleines à craquer de gens debout, plein de monde assis sur les marches du chœur, beaucoup n’ont pu entrer et ont dû rester dehors, on en a vu certains entrer quand on a rouvert les grandes portes pour la procession de vénération de la Couronne d’épines et des Clous (qui a duré plus de 3/4 d’heure). Tous les séminaristes, le cardinal et ses auxiliaires, le chapitre, des prêtres, les chevaliers du Saint-Sépulcre au grand complet, une délégation de jeunes prêtres et séminaristes orthodoxes qui m’a réjouie. Enorme proportion de jeunes, je pense la moitié de l’assistance.

Le Cardinal n’a jamais fait allusion à la pièce, il a dit que nous étions réunis pour manifester notre amour et notre affection au Christ, et dire que sa Croix faisait notre fierté etc. Très-très bien vraiment son homélie. Tout était magnifique, un office presque mystique, une assistance d’une intériorité impressionnante, concentrée, priante, sérieuse et déterminée, offrant des temps de silence complet étonnants de milliers de personnes ne faisant pas le moindre bruit.

Chant d’un extrait de la Passion de Bach, lecture de la première au Corinthiens puis de la Passion selon saint Jean, pendant la vénération des reliques chant des Impropères, du Miserere, du Vexilla Regis, et à la fin du Magnificat.

Moment étonnant : après la lecture de "et inclinant la tête, Il rendit l’esprit", toute la cathédrale s’est mise spontanément à genoux sans qu’un signal ait été donné, même ceux qui processionnaient pour la vénération.

 

 

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