Non à une foi passe-partout dans le dialogue avec l’islam - 11 mars 2011

Non à une foi passe-partout dans le dialogue avec l’islam

Le cardinal Tauran inaugure une chaire en mémoire de Mgr Padovese

ROME, Lundi 7 mars 2011 (ZENIT.org) - Malgré de terribles meurtres récemment, le dialogue interreligieux avec le monde musulman a accompli des pas importants ces dernières années. Il est toutefois important d'affirmer sa foi pour ne pas laisser de place à l'ambiguïté et donner vie à un vrai dialogue qui ne réduit pas la foi au syncrétisme ou à une religion passe-partout.

C'est ce qu'a affirmé le 4 mars le cardinal Jean-Louis Tauran, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, en intervenant à l'université pontificale Antonianum de Rome pour l'inauguration d'une nouvelle chaire de spiritualité et dialogue interreligieux, dédiée à Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique d'Anatolie, tué le 3 juin 2010 à Iskenderun, en Turquie.

Parmi les personnes présentes au symposium, diverses autorités religieuses et civiles dont l'ambassadeur de Turquie près le Saint-Siège, Kenan Gursoy.

Le cardinal Tauran a tout d'abord rappelé « le sourire de Mgr Padovese, sa préparation intellectuelle et sa bonté, parce qu'il n'y avait en lui ni duplicité ni sens de supériorité, mais un désir d'être pasteur, successeur de Paul de Tarse ».

Puis le cardinal a évoqué « un autre martyr, le jeune Shabaz Bhatti, ministre pakistanais pour les minorités religieuses qu'il a eu l'honneur et la joie de rencontrer plusieurs fois, y compris l'année dernière ». Visiblement ému, il a rappelé une de ses confidences : « Je sais que je mourrai assassiné, mais j'offre ma vie pour le Christ et pour le dialogue ». Des circonstances, a-t-il ajouté, « qui me rendent fier d'être chrétien ».

Evoquant le dialogue interreligieux, le président du dicastère a rappelé que durant le concile Vatican II, « pour la première fois dans l'histoire du Magistère, un jugement positif avait été porté sur les religions non chrétiennes ».

Le cardinal a indiqué un point important : le dialogue interreligieux « est un dialogue entre croyants » et donc « pas un dialogue entre les religions mais entre des personnes concrètes, un dialogue qui se déroule entre des personnes qui professent des religions différentes, qui a pour but la connaissance et l'échange de dons spirituels, en respectant la liberté de conscience, en évitant le prosélytisme et en acceptant que l'un ou l'autre puisse changer de religion ».

Alors, a-t-il souligné, « chacun accepte de ne pas renoncer à ses propres considérations mais de se laisser interpeller. Et de prendre en considération des arguments différents de ceux de sa communauté, en cherchant à avoir une meilleure connaissance pour regarder la religion de l'autre avec objectivité et enrichir sa vie spirituelle avec des éléments positifs ».

Informations supplémentaires