Frère Louis hommage 28 oct 2009

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FRÈRE LOUIS SEIGLE, L’AMI DE TOUS


NÉ 13 avril 1923 AU THOR, RAPPELÉ À DIEU LE 20 JUIN 2009 EN AVIGNON
Ô Marie, au cœur plein de tendresse, Aidez vos enfants à vaincre leurs tourments et leurs faiblesses

Pour qu'il puisse à leur tour Poser un regard d'amour sur ceux qui ne savent plus aimer et se sentir aimés.
Chronologie sacerdotale
Louis Seigle a été ordonné prêtre le 29 juin 1952, avec notamment Frère André Raymond, en cette même année que Mgr Henri Laurent.
Son premier ministère fut Orange, comme vicaire, puis en 1954 il va au Sacré Coeur, toujours comme vicaire.
En 1963, il rentre au noviciat des Oblats de Marie Immaculée (son désir de missionnaire).
En 1964, il est nommé à l'équipe sacerdotale de Pertuis, puis en 1967 sur la ZUP d'Avignon et aumônier du lycée technique route de Tarascon.
Il retourne à l'équipe de Pertuis en 1970. En 1974, il est nommé à l'équipe de Sorgues-Le Pontet, puis responsable de la paroisse de Sorgues en 1975.
Il vient à l'équipe de Saint Ruf en 1976, puis est nommé curé de Saint Joseph en 1980.
En 1986, il devint curé de Camaret et Violès.
Depuis 1996, il était prêtre auxiliaire à Notre Dame de Lourdes, aujourd'hui secteur Notre Dame de Lourdes - Saint Jean - Notre Dame de la Paix.



TÉMOIGNAGES ANONYMES SUR LOUIS SEIGLE, PRÊTRE DU DIOCÈSE D’AVIGNON,
1. Des paroissiens
- « Tu nous as quittés pour rejoindre les tiens dans la gloire du seigneur.
On ne pourra jamais t’oublier, on se souviendrai toujours de toi que nous avons reçu si souvent chez nous avec des amis communs. Au cours du repas, il arrivait que tes yeux se ferment, on pensait que tu dormais, il n'en était rien car tu entendais toutes nos paroles, et tu nous faisais des remarques pertinentes. Tu voulais qu’on t’appelle Frère et non Père, oui tu étais vraiment notre frère. Tes connaissances scientifiques allaient de pair avec tes connaissances théologiques, les unes n’allant pas sans les autres, prouvant ainsi que la science ne s’oppose pas à al religion, mais les deux se complètent. On te revoit encore faire tes courses avec ton caddy, il faut bien nourrir son corps après avoir nourri son âme. Tu acceptais gentiment qu’on t’aide à porter tes provisions jusqu’au presbytère. Tu te montrais humble, conscient de tes faiblesses.
Cher Frère, de là-haut, veille sur ta paroisse si chère à ton cœur, sur tes paroissiens que tu laisses orphelins. »
- « Tu as été un prêtre formidable, exceptionnel de dévouement , de compassion, toujours à l’écoute des personnes. Avec toi, Louis, nous pouvions discuter de tout. Passionné et heureux de suivre le chemin du Seigneur, toujours humble , tu as bravé les intempéries, même quand tu étais fatigué, pour nous soutenir, nous donner un peu de chaleur humaine, un peu de joie dans nos cœurs. Tu as toujours été touché par nos souffrances et nos peurs.
Frère Louis, tu as été un accompagnateur spirituel merveilleux, débordant d’amour.
Ce témoignage ne peut traduire toute l’estime et l’affection que nous avons pour toi.
Frère Louis, ta vie et tes actions provoquent l’admiration et le respect.
Nous te disons tous : MERCI
Jésus dit : la vie c’est moi. Celui qui croit en moi aura la vie, même s’il meurt. Et tous ceux qui vivent et qui croient en moi ne meurent jamais. »
- « Père, Je voudrais vous rendre hommage pour tout ce que vous m’avez apporté. Je n’ai jamais pu vous appeler frère Louis car vous étiez plus qu’un frère, plus qu’un prêtre, vous étiez mon père spirituel, mon confident. J’ai partagé avec vous la catéchèse, je n’ai jamais eu la moindre remarque désobligeante, tout était toujours positif dans notre travail, grâce à votre inépuisable documentation et surtout avec la lumière que vous y apportiez.
Merci, Père, du fond du cœur pour votre écoute, votre bonté, votre compréhension. Je vous garde dans mon cœur, dans la prière avec gratitude et affection. »
- « A l’instant où je t’écris ce petit mot d’au revoir, je t’imagine déjà explorant les galaxies qui suscitaient tant ta curiosité. Tu aimais la création, le ciel, les gens surtout les enfants et tous ceux qui souffraient dans leur vie. Tu les aimais tellement que tu souffrais avec eux. Tu as donné ton cœur à chacun, à chaque famille, sans aucun jour de repos. Quand quelqu’un s’éloignais, tu lui témoignais ton affection par courrier. Tu étais le bon berger qui n’oubliait pas ses brebis. Je t’ai vu poster tellement de lettres et tu m’en as envoyé beaucoup aussi. Jusqu’à ta dernière carte en réponse de la mienne où je te confiais ma peine d’être loin de toi. Tu m’avais écrit ce proverbe : On n’est pas sûr qu’on aime l’Eglise tant que l’on n’a pas souffert par elle. Ce fut un déclic d’amour pour moi d’appartenir à cette Eglise que tu as si bien su servir à l’exemple du St Curé d’Ars. Nous avons sans cesse à mieux nous laisser convertir par l'Esprit Saint pour construire l’Eglise, pas notre Eglise mais celle de notre Seigneur Jésus-Christ. Oui ! Même à distance tu savais toucher le cœur des gens et à leur faire prendre conscience que la vie n’a pas de sens si nous n’avions pas l’amour divin, celui du pardon au service des autres.
Nous partageons la peine de ta famille et leur présentons nos sincères condoléances.
La famille n’est pas séparée, juste déplacée vers la Paix Eternelle de Notre Père.
Les enfants et moi te disons un grand merci pour tous les instants de bonheur passés auprès de toi ainsi que pour les épreuves où tu nous as soutenus avec Amour seul, cet Amour venant du Christ.
Louis, tu es dans notre cœur et nos prières à jamais. »
- « Je me souviens du jour où le Frère Louis m’a demandé de s’occuper de son jardin pour l’arrosage, couper ses fleurs fanées et replanter les jeunes pousses. Avec ses conseils, je me suis amélioré dans le jardinage. Maintenant, je vais continuer à l’entretien de son petit coin de Paradis. »
- « Je garde le souvenir où un jour, Frère Louis m’a proposé de faire avec lui un petit montage de deux cassettes sur le linceul de Turin et Fais grandir la vie 1750-1900 avec du matériel de la « première époque », des diapositives, un vieux projecteur et une caméra, la lecture du texte avec la lampe de poche et le Frère Louis à genoux pour s’occuper des coupures.
Je suis très heureuse d’avoir un double de ces cassettes, cela restera pour moi une journée inoubliable et la joie d’entendre sa voix. »
- « J’ai appris ce matin, en allant à la Messe du 21, votre départ définitif pour l’Au-delà. Je ne peux me résoudre à cette idée. Vous ! Notre père spirituel, notre guide à la préparation des prières liturgiques, vous aviez été pour nous un grand soutien. Nous étions tellement à l’aise avec vous grâce à votre disponibilité, votre simplicité, votre délicatesse et votre générosité. Vous étiez un homme de cœur. Vous m’avez aidé à grandir dans la Foi et je vous en remercie de tout cœur.
Père Seigle, riche de dépossession, vous aviez votre vérité, vous possédiez pour moi toutes les richesses.


2 - Témoignage de la Mission Ouvrière

« Louis, notre ami, notre frère en Jésus-Christ, ton départ vers le Père a provoqué pour chacun et chacune d’entre nous qui t’avons bien connu et aimé un grand vide affectif. Ce vide, nous espérons le combler dans la durée par ce que tu nous as légué en espérance divine, par ton écoute, et ton éclairage d’aumônier, dans nos révisions de vie en équipe de base ACO (Action catholique Ouvrière).
Ton implication dans ce mouvement d’adultes ainsi qu’à l’ACE (Action catholique pour l’Enfance) faisait de toi un intervenant objectif pour la mission ouvrière chargée d’une présence et d’une reconnaissance de l’Eglise du monde ouvrier.
Tu suivais de près la vie ouvrière et ton attachement à l’engagement des citoyens , des chrétiens dans les organisations ouvrières te donnait à nos yeux toute la crédibilité pour partager avec nous les analyses et les enseignements tirés des évènements locaux, nationaux, internationaux. Certes, dans nos échanges, tu n’avais pas la langue de bois mais ta capacité d’aimer l’Autre, de le respecter dans ses cheminements était l’une de tes richesses.
Nous ‘oublierons pas ton exceptionnelle jeunesse de cœur qui tout au long de ta vie de prêtre s’est traduite par tes talents d’animateur et de pédagogue pour que les enfants en catéchèse ou en club ACE découvrent et apprennent à aimer jésus.
Comme prêtre ou curé de paroisse, tu as su faire face aux attentes des âmes qui t’étaient confiées mais tu es resté aussi fidèle à ton engagement sacerdotal : celui d’être témoin de l’Evangile en monde ouvrier. Ton adhésion au GREPO (Groupe de Recherche en Pastorale Ouvrière) n’est pas étrangère à cette fidélité.
Tu étais Louis, aussi un passionné d’histoire, liée au mouvement ouvrier et tu as voulu partager les fruits de tes recherches par la publication de courriers, de livres très ciblés comme par exemple « la vie des ouvrières et des ouvriers en Vaucluse au 19ème siècle » ou encore le travail des enfants en Vaucluse au siècle dernier. Merci Louis pour ces productions. Il nous reste à intégrer dans nos préoccupations militantes et de croyants, ce passé riche d’enseignement et d’interpellations sur les évolutions de la vie ouvrière en Vaucluse.Oui, Louis, tu resteras dans nos mémoires, l’homme, le prêtre, le grand frère dont l’Eglise et le monde ouvrier ont besoin pour grandir en Jésus-Christ. Nous t’aimions Louis. Repose en paix auprès du Seigneur.


3 – Témoignage de la famille SEIGLE
« Tonton Louis »
Louis Seigle, pour toute la famille, ses huit neveux et nièces, ses vingt petits neveux, c’était Tonton Louis. Et pour nous, Tonton Louis, avec ses cheveux blancs et son éternel béret noir, a toujours été là. Dans les moments heureux, comme dans la peine.
Il a célébré nos mariages, nos baptêmes. Il a accompagné nos malades. Il a célébré les enterrements, notamment ceux de ses parents et de ses deux frères Lucien et Henri.
Il remplissait ainsi son rôle de prêtre. Mais Tonton Louis n’avait rien d’un prêtre ordinaire, ni d’un oncle ordinaire d’ailleurs. Curieux de tout, passionné de science et de connaissance, il n’ a cessé de lire, de s’instruire, de s’étonner. Vous alliez lui rendre visite pour prendre des nouvelles de sa santé, et il sortait du tas de magazines posés sur sa table, le dernier numéro de Sciences et avenir pour vous montrer un entrefilet qui l’avait enthousiasmé : une nouvelle découverte sur les trous noirs !
Il y a deux ans, Tonton Louis avait décidé de donner des centaines de livres et de revues, qu’il avait lus et relus. Religion, astronomie, mathématiques, philosophie, art, biologie, science de l’éducation, physique, psychologie, géographie, histoire… Ne manquait que la fiction. Tonton Louis avouait ne pas avoir eu le temps de lire des romans.
Car il ne se contentait pas de lire, il écrivait aussi. Une dizaine d’ouvrages au moins. Les premiers, tapés à la machine, sur l’histoire de Pertuis ou sur le Linceul de Turin. Ces dernières années, il s’était mis à l’informatique et au traitement de texte. Il bataillait un peu avec les ordinateurs et a dû plusieurs fois reprendre ce qu’il avait effacé par erreur mais il persévérait. Après « Science, foi et religion », il avait attaqué un nouveau texte « Témoins » dans lequel il revenait sur l’histoire de sa famille et sur les nombreuses rencontres qu’il avait faites en tant que prêtre. Il en avait rédigé une centaine de pages, et n’aura pas eu le temps de l’achever.
Tonton Louis aimait la photo. Il était fier que le cliché qu’il avait pris dans les années 1950 de son père derrière un cheval lors du foulage de la récolte ait été sélectionné par Paris-Match parmi les cent photos racontant la France. A 86 ans, il continuait à prendre des photos, avec un appareil numérique, bien sûr.
Incapable de rester inactif et de se reposer - c’était peut-être son principal défaut - Tonton Louis n’a jamais arrêté de crapahuter à pied ou en vélo. Sa santé fragile, dans sa jeunesse, l’a empêché de partir au bout du monde comme missionnaire. Qu’à cela ne tienne, il a parcouru sa région, animant de nombreux camps de jeunes en pleine nature, et dormant à la dure.
Il y a trois semaines, Tonton Louis était ravi de participer à une cousinade à Beaumes de Venise qui rassemblait 250 personnes et quatre branches de l’arbre généalogique. Tout affaibli qu’il était, il a quand même fait une petite balade avec des cousins pour aller ramasser des fossiles. Quelques jours seulement avant d’être hospitalisé, il était retourné voir sa sœur aînée, Mélanie, dans sa maison de retraite. Une sœur dont il a pris soin toute sa vie.
Vous l’avez compris, pour Tonton Louis, sa retraite de prêtre n’était au mieux qu’une semi-retraite, c’est ce qu’il souhaitait. Pourtant, à côté de ses activités paroissiales, il avait toujours du temps pour sa famille. Il nous écrivait régulièrement de son écriture fine, si reconnaissable, prenant soin de choisir des timbres de collection pour orner l’enveloppe. Quand nous étions enfants, il nous offrait des cadeaux à Noël, parfois surprenants comme cette fameuse montre parlante.
Tonton Louis ne venait jamais les mains vides à un repas de famille. Souvent, il arrivait avec un gâteau qu’il avait fait lui-même. Ses expériences culinaires parfois extrêmes n’étaient pas toujours réussies mais témoignent, elles aussi, de son esprit d’invention et d’innovation.
Tonton Louis, tu nous as quitté alors que tu avais encore plein de choses à faire et à découvrir. Avec toi, c’est le dernier pilier de la famille seigle qui disparaît. Pourtant, nous ne voulons pas être tristes. Tu étais un personnage extraordinaire et tu le resteras dans nos mémoires.


Homélie du 30 juin 2002


Nous fêtons St Pierre et St Paul
Ils en ont avalé des couleuvres ! Disons mieux : ils ont réalisé de formidables transformations. Par leur enfance, ils étaient ancrés dans la religion juive. Or, Jésus Christ leur annonce trois nouveautés radicales :
ils sont passé de « Dieu qui choisit le peuple juif à dieu qui choisit l’humanité »
ils essayaient de vivre une religion à plus de 500 commandements à la religion de l’Amour.
Pour le troisième point, prenons une comparaison. Il y a trente ans encore, les savants pensaient que le noyau du proton et celui du neutron étaient les constituants ultimes de la matière… Avec les appareils les plus modernes, ils ont découverts que protons et neutrons sont composés de trois quarks…Sur le plan de la religion, grâce à Jésus Christ, Pierre et Paul et les chrétiens ont découvert que le Dieu unique est constitué de trois personnes. Nous les appelons Père, Fils et Esprit d’Amour.
Ils ont fait de la théologie. Nous en faisons également comme Monsieur Jourdan faisant de la prose.
Vous, parents et grands-parents, vous aimez fortement vos enfants, et des sacrifices, vous en avez faits pour eux ! ! ! Si vous êtes croyants, vous pensez : à plus forte raison, Dieu les aime… Et il aime tous les humains. En cela, vous êtes théologiens. Vous êtes partis de votre expérience humaine pour en faire le lien avec une vérité religieuse.
Je désire vous dire trois points de mon évolution religieuse.
1)
La JAC m’a aidé à découvrir que dieu a donné, y compris aux jeunes, la capacité de faire grandir la terre :
« Sois fier, paysan, ton œuvre est féconde »
« sans toi, que deviendrait le monde … »
J’ai découvert le même élan, la même fierté chez les jeunes travailleurs de la JOC
Par nos parents, je connaissais les difficultés des paysans pour produire leurs récoltes et surtout pour les vendre. Mon premier poste de Vicaire, c’est à Orange. Par les membres de l’équipe d’Action catholique Ouvrière, je découvre les difficultés auxquelles sont affrontés les travailleurs et leurs efforts pour une promotion collective du monde ouvrier.
Dieu a confiance aux humains au point de leur confier le développement de la planète… Mais alors, comment comprendre la confiance de Dieu ? ? ?
Si les raisins se vendent mal la faute en revient aux hommes qui organisent mal les circuits commerciaux. Dieu n’est pas responsable.
Dans les famille ouvrières, quand les fins de mois sont difficiles, pourquoi en accuser Dieu ? Il faut faire évoluer les structures de la société.
De plus en plus, j’ai évacué de mon vocabulaire l’adjectif tout-puissant attaché à « Dieu ».
L’erreur s’est glissée à la suite de la traduction imparfaite du mot grec. Il signifie : « maître de tout ». Le propriétaire d’une maison, d’une basse-cour, en est le maître. Mais il ne peut pas leur imposer toute sa volonté !
Dieu nous a créés à sa ressemblance : libres, intelligents, capables d’aimer, et il respecte notre liberté, même si nous nous en servons mal. Il titille notre intelligence afin que nous prenions conscience de notre erreur et que nous ayons le courage debout moralement, avec l’élan de l’esprit Saint.
Hélas des malheurs frappent des innocents. Et Dieu fait jaillir des étincelles d’intelligence et d’amour dans des cœurs humains afin qu’ils réparent ce qui peut l’être, afin qu’ils organisent mieux le monde afin d’éviter ces dégâts.
En étudiant des archives du Thor, j’ai pris conscience de la fragilité de la vie. Il y a deux siècles, sur 100, 25 bébés mouraient dans leur première année, et 25 autres avant l’âge de 4 ans ! ! !
Les adultes s’acharnaient pour pouvoir vivre un peu mieux. Après les récoltes, des paysans semaient de l’herbe qui pousse vite pour l’enterrer en labourant, avant les semailles. Cet engrais vert, comme on disait, leur permettait de récolter plus. Lentement, ils ont supprimé des jachères. Ils ont davantage semé du blé, des pommes de terre afin de vendre une partie de la récolte. Ainsi ont-il pu manger mieux, acheté des faux pour remplacer les faucilles, avoir un peu plus de savon et d’hygiène. Grâce à ces multiples efforts, en 60 ans, ils ont gagné neuf ans de vie pour chacun.
Mon Dieu, je te remercie d’avoir rendu les humains capables de réaliser de si grands progrès…
En 1860, la vie de la moitié de la population n’était pas de 4 ans mais de 55 ans.
2)
Croire, c’est aimer… Aimer, c’est croire.
Jésus, c’est la parole de Dieu, celle qu’il nous adresse.
Au grand séminaire déjà, on nous avait appris que le mot hébreu c’est « Dabar ». Et ça veut dire parole + actes. La religion que la Bible nous présente, c’est « parler » et « agir ». Les rabbins étaient des intellectuels du pays. Mais ils devaient avoir un métier manuel. Car Dieu est le créateur.
Les Grecs ont traduit « Dabar » par « Logos » : la logique, la pensée, la parole. Ils sont des intellectuels qui méprisent les travailleurs manuels. Et certains occidentaux croyants ont pensé la religion comme des paroles, telles le « je crois en Dieu »…Ils ont laissé tombé l’agir.
Pourtant, Jésus a dit :
Le premier commandement c’est de croire en Dieu
Et le deuxième est aussi important, c’est d’aimer son prochain.
Dans sa première lettre, St Jean va plus loin :
Tous ceux qui aiment les autres sont enfants de Dieu et ils connaissent Dieu car Dieu est Amour.
L’apôtre St jacques écrit aux premiers chrétiens :
Par mes actes de service, je te montrerai que je crois.
Il croit au moins que ça vaut la peine d’aider les autres.
Dieu sait-il tout d’avance ?
Mais Dieu, comment le connaissons-nous ?
Ce Dieu « maître de tout » sait-il tout d’avance ?
Les savants me font découvrir les merveilles de l’univers. Et je me dis que Dieu est infiniment plus savant qu’eux.
Or vous, parents, lorsqu’un de vos jeunes enfants vous dit un mensonge, plusieurs fois, vous l’avez étonné : « Mon petit doigt m’a dit.. » car au ton de sa voix, à son regard fuyant, vous aviez deviné.
Vous avez dit à vos enfants : si tu ne travailles pas à l’école, tu gâches ton avenir.
Mieux que nous, Dieu prévoit. Il est en nous et il sait mieux que nous. Un garçon du caté a écrit : « ce que je pense , Dieu le sent au fond de mon cœur ».
Mais sait-il tout d’avance ?
Au cours des siècles, les savants ont découvert beaucoup de lois de la nature. A la fin du 19ème siècle, beaucoup pensaient qu’ils auraient bientôt tout découvert. Et qu’ils pourraient donc tout prévoir. Pour ceux qui étaient croyants, à plus forte raison, depuis toujours Dieu savait tout d’avance. Mais un trou énorme dans le raisonnement : comment fait-il pour respecter ma liberté et savoir d’avance ce que je choisirai ? ?
Les savants du 20ème siècle étaient plein d’assurance matérialiste. Avec étonnement, ils ont découvert au cours du siècle précédent que les savants les plus en pointe, s’ils déterminent par exemple où se trouve un électron, ils sont incapables de connaître en même temps sa vitesse ou bien sa direction ! ! !
Devant cette incertitude fondamentale, des théologiens ont élaboré une autre théorie religieuse :
pour tel instant, Dieu connaît tous les avenirs possibles
par exemple, le nombre de tranches de pain que je mangerai tout à l’heure. Mais à mesure que je mangerai, Dieu apprendra, parmi toutes les tranches possibles, le nombre que j’en aurai mangé.
Dans ce raisonnement aussi, il y a un vide, un « trou ».
Et c’est la Foi qui me fait faire confiance à Dieu, même s’il ne sait pas tout au départ…
Toute notre vie, nous nous servons de nos raisonnements pour guider notre conduite envers nos proches. Et dans ce qui n'est pas mathématisable, nous continuons à leur faire confiance.
Envers Dieu, nous pouvons avoir la même attitude de confiance.
Dans votre manière de vivre la religion, il est normal que vous arriviez à évoluer, pour garder l'essentiel : l'Amour et d'adapter les réalisations.
… Maintenant, nous pouvons dire à Dieu notre confiance avec le texte du « Je crois en Dieu ».