Pentecôte sur un peuple qui se lève, se relève, et se soulève - 27 mai 2013

Pentecôte sur un peuple qui se lève, se relève, et se soulève - par le Père Daniel-Ange - jeudi 16 mai 2013


Signe du collapse de la foi — cette apostasie silencieuse de l’homme qui se croit comblé sans Dieu — caractérisant les temps de la fin  : le combat aujourd’hui ne se joue plus sur des questions périphériques, si importantes soient-elles, mais se porte sur le cœur même de toute la création, sur la source même de l’humanité, sur son essence, son existence, donc son sens  : la vie même reçue et donnée, à travers l’amour d’un homme et d’une femme dont l’altérité est la condition même de la fécondité, et la complémentarité de la communion [1].


Nous sommes projetés, malgré nous, dans ce gigantesque combat apocalyptique entre celui que Jésus stigmatise comme le menteur et l’homicide (et Dieu sait qu’il fait bien son job !) et Celui à qui Pierre au matin de la Pentecôte décerne le titre magnifique de «  Prince de la Vie  ». Dieu au cimetière : l’homme en enfer. Dieu évacué : l’homme suicidé. On a saccagé les ultimes repères : un homme, une femme, un enfant, un père, une mère, une famille, des frères et sœurs : tous ces vieux clichés sociaux d’une période périmée, on ne sait plus ce que c’est. Les mots étripés, on ne sait même plus comment parler. De fait, avec la GPA, plus de fratrie ! Explosé le lien du sang entre frères et sœurs ! Plus de passé car plus de lignée, plus de vrai lien dans le présent car pas de vrai père ou mère.


Pourtant, dans ce duel, mortel ou vital suivant son dénouement, «  on ne peut pas dialoguer avec l’ennemi de notre salut : il nous faut faire face en le combattant jusque dans ses intentions. Un chrétien doit savoir ce qu’il peut accepter et ce qu’il doit condamner. [2] » La peur devant l’explosion atomique cède le pas à la terreur devant l’implosion génétique.


Le vertige nous empoigne devant le gouffre absolu qui s’ouvre sous nos pas. Il s’agit ni plus ni moins d’une gigantesque offensive détruisant l’humanité en tant qu’humanité, en ravageant la vie et pour cela en saccageant l’amour. Mais voici : face à ce raz de marée noire charriant des horreurs, déferle une gigantesque lame de fond blanche où scintillent des splendeurs ! Contrant cette insidieuse subversion anti-humanitaire, voici une glorieuse insurrection populaire.


Inattendue. Pas prévue. Et pas encore entendue. Surprise divine de cet Esprit Saint qui n’a pas fini de nous surprendre.


Voici tout un peuple qui surgit, se dresse, se lève, se soulève, s’arc-boute : pour sauver une cathédrale construite au long des siècles menacée d’écroulement.


Cette très grande armée, impossible à contenir comme à compter, de tout âge, tout bord politique, toute couche sociale, toute religion, toute sensibilité, toute génération confondue, je l’ai déjà vue. À Paris, en 82, pour la liberté de l’école ? Non, mais en 89 à Budapest, Berlin, Bratislava, Kiev, Varsovie, Prague, Timisoara. Révolution passive mais massive. Résultat ? Démantèlement de ce dit rideau dit de fer — mais plutôt barrière d’acier enfermant — enfer-mant — une moitié d’Européens dans une prison de nations. Écroulement de ce mur de béton brisant en deux Berlin pendant d’interminables décennies.

 

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