Philippe Gosselin : « On n’a pas vu une telle offensive libertaire depuis 1968 !

 

Fers de lance de la bataille parlementaire sur le projet de loi du « mariage pour tous » à partir du 29 janvier. Ce quadragénaire, également membre de la Commission des lois, dénonce « l’effet domino » que provoquera l’adoption de cette loi. « Mariage + adoption = PMA + GPA », dit-il.

Pourquoi allez-vous mener cette bataille parlementaire, alors que le rapport de force semble fortement défavorable ?

Il n’y a pas de fatalité, il n’y a que des renoncements. En tant que députés, nous portons les convictions de tous ceux que nous représentons, et quoi qu’on en dise, les opinions sont réellement diverses sur la question du mariage. Nous avons le devoir d’être dans l’hémicycle pour porter ces opinions. Au plan strictement parlementaire, on sait bien que la majorité ne veut rien lâcher. Cependant, les sondages sur lesquels elle s’appuie montrent de plus en plus la réticence de l’opinion, qui commence à comprendre qu’il ne s’agit pas d’une réforme technique mais bien d’un « changement de civilisation ». Nous avons besoin de débat, d’énoncer nos arguments, même s’ils risquent de ne pas être entendus. Il peut y avoir de bonnes surprises, il arrive que la majorité soit mise en difficulté dans l’hémicycle.

Comment les citoyens peuvent-ils prendre part au débat ?

Sur un tel sujet, c’est le peuple qui doit trancher même si, dans un système représentatif et démocratique, les élus de la nation ont une légitimité certaine. Organiser un référendum d’initiative populaire me semble nécessaire, et une porte de sortie honorable pour la majorité comme pour l’opposition. Les citoyens peuvent donc signer toutes les pétitions en ce sens. Les députés doivent porter ce débat en dehors de l’hémicycle, par des actes symboliques, des happenings, en formant des comités locaux. Les citoyens qui ont manifesté le 13 janvier sont en colère, parce que le gouvernement semble avoir minimisé ce rassemblement. On ne s’attendait pas à ce qu’il retire le projet de loi immédiatement. Mais qu’il prenne au moins en compte l’ampleur de cette manifestation ! Je crois que cela a instauré un fort sentiment de frustration. Nous devons donc maintenir la pression. Lorsque l’on écoute le peuple, on ne perd pas la face, au contraire, on s’élève toujours.

Quels sont les arguments qui peuvent marquer l’opinion publique ?

La liberté de conscience, sur la question du mariage, est niée au sein du Parti socialiste : c’est exceptionnel, et c’est grave. Sous prétexte qu’il s’agit d’un engagement de François Hollande, on n’aurait plus besoin d’en débattre ? En outre, il faut dénoncer « l’effet domino », c’est-à-dire l’équation imparable selon laquelle « mariage + adoption = PMA + GPA ». La majorité veut nous vendre un projet à la découpe, alors qu’il est global. On a fait sortir la procréation médicalement assistée (PMA) par la porte, pour la faire entrer plus tard par la fenêtre. Cet engrenage a fonctionné au Danemark et en Suède où la gestation pour autrui (GPA) est reconnue. La Belgique y vient. Nous ne voulons pas d’une société où l’on transforme les enfants et les femmes en marchandises.

 

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