Monseigneur Tony Anatrella répond aux questions de Zenith - 14 novembre 2012

 

Le « mariage pour tous », manipulation anthropologique ?

Par Mgr Tony Anatrella

ROME, lundi 12 novembre 2012 (Zenit.org) – Monseigneur Tony Anatrella, psychanalyste et spécialiste en psychiatrie sociale, rentre du Liban après avoir donné à Beyrouth une conférence sur les aspects psychologiques de la théorie du « genre » et le « mariage » entre personnes de même sexe.

Il travaille le sujet depuis de très nombreuses années et a publié différents livres à ce propos : La différence interdite et Époux, heureux époux (chez Flammarion), La tentation de Capoue (éditions Cujas) et Le règne de Narcisse (Presses de la Renaissance) qui vient d’être réédité en ce mois de novembre 2012. Ce livre est également édité en audiolivre aux éditions Saint-Léger-Production. Enfin. Il a également publié un dossier remarqué dans Documents Épiscopat sur le thème Mariage et homosexualité n° 9/2004.

Monseigneur Tony Anatrella a accepté de répondre aux questions de Zenit au moment où la France se prépare à déposer à l’Assemblée Nationale un projet de loi favorisant le mariage entre personnes de même sexe.

Cliquer ici pour accéder au site de Zenit

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Zenit - Vous êtes allé en Afrique aborder ces questions et maintenant au Proche-Orient, comment les gens réagissent-ils ?

Mgr Tony Anatrella - Ils pensent que les occidentaux perdent la raison en voulant imposer les concepts de la théorie du genre et la reconnaissance sociale de l’homosexualité, voire le mariage entre personnes de même sexe. Ils savent que ce phénomène existe mais il leur semble déraisonnable de vouloir les marier. Ils ne veulent surtout pas se calquer sur ce qui se passe en Occident où l’on tente de transformer le Code civil pour donner un statut à ce type d’orientation sexuelle. Ils ont surtout davantage le sens du mariage et de la famille qui tendent à s’estomper en Occident. Ils ne trichent pas avec les mots.

Zenit - Est-ce que cela veut dire que les mots ne sont plus utilisés de la même façon ?

Mgr T. Anatrella - Pour eux, les mots ont un sens et il n’est nul besoin de les manipuler et de les appliquer à des réalités qui ne peuvent pas être désignées à travers un langage qui ne leur convient pas. Les politiques n’ont pas le sens des mots parce que leur langage n’est pas en lien avec les réalités. Ainsi le mot mariage est dénaturé en étant appliqué à des situations qui lui sont contraires. Ou encore avoir deux papas ou deux mamans est une duperie. Comment les enfants pourront-ils avoir le sens de la vérité quand on donne aux mots un sens qu’ils n’ont pas ? Les Africains et les Orientaux ne confondent pas des situations de fait et des cas d’espèces avec ce qui est essentiel dans ce qui constitue le mariage ; pour eux c’est une mascarade !

Zenit - Vous travaillez surtout sur des questions structurelles avant de vous arrêter à ce qui est vécu ?

Mgr T. Anatrella - Oui, c’est ce que je m’efforce de faire. S’il ne convient pas de blesser ces personnes, il faut insister sur les structures qui sont en cause et expliquer pourquoi tout n’est pas dans tout. Le couple et l’amour conjugal existent uniquement entre un homme et une femme. On a tendance à inverser le sens de ces réalités et à leur donner une signification qu’elles n’ont pas. Le texte anthropologique de la Congrégation pour la doctrine de la foi de juillet 2003Considérations sur la reconnaissance juridique des unions entre personnes de même sexe est très clair et réaffirme l’idée que ne pouvant pas accepter ce type d’amour (plutôt narcissique), le duo de personnes de même sexe ne peut pas former un couple. De plus, vouloir  valoriser la relation homosexuelle dans le mariage ou dans un mode juridique qui s’en rapproche, n’est pas soutenable, comme le rappelle ce texte de 2003 qui sert de référence en la matière.

Zenit - Il n’y aurait aucune égalité entre le couple formé par un homme et une femme, et ce que vous appelez le « duo » de personnes de même sexe ?

Mgr T. Anatrella - Aucune ! La société n’a pas « besoin » de l’association entre personnes de même sexe à la différence de ce qui se joue dans un couple réel. Elle reste un fait privé et l’on se trompe de registre en le traitant politiquement. La société ne se partage pas entre hétérosexuels et homosexuels, mais entre hommes et femmes. De ce fait, on s’égare dans la réflexion en parlant de couple hétérosexuel et de « couple » homosexuel car le premier repose sur les deux seules identités sexuelles qui existent et le second sur des orientations sexuelles développant une gamme de désirs pas toujours des plus élaborés psychiquement. Il n’y a qu’un seul couple : celui formé par un homme et une femme qui implique l’altérité sexuelle et le générationnel. Il est regrettable que les responsables politiques ignorent ces données de base de la vie psychique et celles qui fondent la société à partir, entre autres, de la différence sexuelle.

Informations supplémentaires